Toulouse fait partie des zones commerciales parmi les plus dynamiques en France, avec une population qui continue à croître, représentant près d’1,5 million de m2 répartis sur l’aire urbaine de Toulouse. La pression reste forte, de nouvelles enseignes frappent à la porte sans trouver forcément l’emplacement idéal si plusieurs centaines de m2 sont demandés à fortiori en cœur de ville. En 2011, les nouvelles surfaces de vente autorisées par la CDAC ont fortement augmentées avec en particulier 38 000 m2 supplémentaires sur Fenouillet.
Du côté de la mairie de Toulouse, le maintien de l’équilibre entre le centre et la périphérie, le commerce indépendant et les grandes enseignes font partie des priorités comme le rappelle Isabelle Hardy, adjointe au maire chargé du commerce et de l’artisanat.
A rebours des prévisions, les pôles commerciaux périphériques n’ont pas tué le commerce en centre ville qui pèse hors alimentaire, près de 36% du chiffre d’affaires global. Le commerce indépendant représente encore 63% de l’offre, contre en moyenne 50% dans les agglomérations françaises. De 2007 à 2011, le volume d’affaire a même progressé passant de 640 à 720 millions d’euros. Cette tendance devrait se poursuivre avec les orientations prises, la transformation de la ville et des modes de déplacements.
Le projet de rénovation du centre ville signé par l’architecte urbaniste catalan Joan Busquets cherche entre autres à limiter le transit de la circulation automobile à l’intérieur de la zone octogonale des boulevards sur un périmètre de 635 ha. La ville sans voiture attire désormais davantage que l’inverse et génére davantage de business. Quelques opérations pilotes vont rapidement donner une idée du projet notamment du Capitole vers la Garonne. Les zones à rue piétonne s’étendent avec l’apprentissage de la co-habitation vélo-piéton voiture. La rénovation de la rue Alsace symbolise à elle seule le changement en cours. Le chantier se terminera en avril 2012 sur la partie sud et en 2013 sur sa totalité. L’arrivée de la LGV à Matabiau va là aussi impacter fortement l’ensemble des activités commerciales.
En parallèle la mairie est sollicitée sur la préservation de la diversité de l’offre pour éviter la disparition de commerces traditionnels, de cafés…. Le principe de la charte d’orientation signée avec la profession bancaire qui prévoit un périmètre de sauvegarde avec des zones de protection limitée …devrait être repris dans la prochaine révision du PLU, Plan local d’urbanisme. Il s’agit entre autres d’éviter l’extension de services non commerciaux sans création de trafic. Sur les quartiers sensibles, la mairie envisage de racheter au besoin des murs commerciaux afin de diversifier l’offre avec des opérations sur les quartiers des Izards, à Arnaud Bernard. A l’échelle du Scot de l’aire urbaine de Toulouse, la planification des m2 commerciaux figure au sein du DAC, le document d’aménagement commercial. Le nouveau PLU de Toulouse indiquera par exemple les zones d’implantation des commerces de plus de 500 m2.
Dans les nouvelles ZAC et la requalification des quartiers des Izard, au Mirail, Empalot… l’organisation des implantations sont intégrées en amont des projets. « Le commerce est identifié comme un outil d’aménagement du territoire » indique Isabelle Hardy. Exemple sur la phase 2 de la ZAC de Borderouge, l’investisseur commercial unique choisi s’est engagé pour une quinzaine d’année sur un plan de marchendising avec des valeurs locatives adaptées. Ces changements s’opérent en étroite liaison avec les professionnels à travers la Conférence du commerce et de l’artisanat, la convention pluri annelle signée avec la CCI et la Chambre des métiers prévoyant entre autres le cofinancement d’opérations d’animation, d’avantages consommateurs…
JL. Bénédini |