La création d’une entreprise innovante est loin d’être un chemin tranquille. Jacques Debuire, le dirigeant de LoÏra (1), une dizaine de salariés, vient de boucler son premier exercice à l’équilibre depuis sa création en 2008. « Notre challenge quotidien c’est la gestion du besoin en fonds de roulement » avec des cycles produits longs. Son entreprise conçoit et livre clé en main des stations de traitement d’eau principalement pour les collectivités locales, accompagne les maîtres d’ouvrage en AMO, assistance à maîtrise d’ouvrage, tout en développant ses propres innovations. Un vrai défi. En 2011, quatre stations de traitement auront été livrées, aujourd’hui une dizaine de chantiers sont en cours dont 4 majeurs avec des stations de 1500 équivalents habitants à 9500 équivalents habitants. Loira cible les petites et moyennes stations, de 5 à 25 000 équivalents habitants. « Nous avons une bonne visibilité sur 2012 » relate le dirigeant qui ne cache pas sa détermination à rechercher des partenaires industriels pour l’aider à financer la croissance, le portefeuille d’innovation et surtout l’industrialisation du procédé Loïlyse. Ses premières ventes sont attendues en 2012. Le procédé élimine les xénobiotiques, des actifs chimiques qui ne sont traités par les stations d’épurations comme les molécules des médicaments (antalgiques, anticancéreux, antibiotiques, antalgiques, antidépresseurs….), les pesticides, les détergents…Certains de ces produits rejetés dans le milieu naturel sont fortement soupçonnés d’agir sur le métabolisme animal et humain avec entre autres des effets avérés favorisant la stérilité des poissons. Les travaux de R & D menés pendant trois ans avec l’exploitation d’un pilote installé sur Basso Cambo, à partir des effluents tests du centre anticancéreux Claudius Regaud, ont permis de valider scientifiquement le procédé. L’étude conclut par l’élimination totale des médicaments et anticancéreux avec une précision à 10-9, à la limite du mesurable. Après cette validation publiée en mars 2011, Loira se concentre sur l’industrialisation de Loïlyse et sa certification pour le traitement des xénobiotiques issus des industries chimiques, pharmaceutiques et des établissements de soins. Le marché ? « Notre solution revient moins cher que l’incinération avec des retours sur investissement sur moins de deux ans » relate J. Debuire. La réglementation européenne est appelée à évoluer et un certain nombre d’industriels et établissements de soins verront un intérêt majeur d’éliminer tous risques pour la population et l’environnement provenant de leurs effluents. www.loira.fr
JL. Bénédini
(1) Loira s’est associée avec le laboratoire IMRCP de l’Université Paul Sabatier et son service commun de spectrométrie de masse, l’association Ampère pour la maîtrise d’œuvre du projet, l’Agence de l’Eau qui a subventionné le projet à 40% avec le Feder et Claudius Regaud qui a fourni les effluents tests. |